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Maintenance prévue vendredi 28 septembre. Nouveau design et chapitre 2 !


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  New Riverlake - Geôles ☾ L'odeur du sang des mortsVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Dimitri Voltchenkov
vampire type 2
☾ âge : 662 ans - à peu de choses près.
☾ métier : Maître de New Riverlake
☾ infants : James W. Marshall
Ismaël Hopkins
Tommen Hodgkin (Scénario disponible)
Alexandra Voltchenkov (Scénario disponible)
Khaterina Voltchenkov (Scénario disponible)
☾ origines : Matouchka Rossia
☾ statut : Veuf


☾ avatar : Tom Hiddleston
☾ couleur : #1D5E0D
☾ arrivée en enfer : 29/05/2018
☾ missives : 241
☾ doubleface : Derek Wilson - Suzana Wood
☾ tickets : 416
☾ crédits : Cobalt


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MessageSujet: New Riverlake - Geôles ☾ L'odeur du sang des morts   Jeu 16 Aoû - 0:26

    Sur le dôme de verre mourraient les derniers rayons de lumière, s’effaçant pour offrir à l’ombre sa juste place. Un répit, loin de l’aube aveuglante, pour quelques heures seulement ; même effacé à l’horizon superbe, dégagé de tout nuage, le soleil baignait le monde de son éclat diffus, offrant aux immortels le loisir de contempler enfin sa splendeur dans une obscurité en demi-teinte. Dimitri aimait les amertumes douceâtres de la tombée du jour, appelant à l’éveil ses fils et ses filles, quand lui-même, n’ayant pas reposé, abandonnait enfin le poids de ses tourments sanguinaires pour s’adonner à un instant de contemplation. Ses doigts fins courraient sur le piano de la chambre rouge en une mélodie taciturne, chargée d’images d’un autre temps. La beauté pure… Il adorait la beauté, l’immaculée somptuosité des amours éteintes dans la mort, le raffinement d’un corps jadis vierge de souillure, maculé d’ardeurs indélicates, où quelques veines ouvertes dans des draps de satin laissaient goutter au sol la verve affolante d’un carmin éclatant ; il aimait les monts et les creux, chatoyants de reflets nacrés sous le dessin des chairs ouvertes, l’alanguissement de l’amour transformé d’une griffe en éternel repos, se mêlant à la douceur amère d’un murmure de clavier. C’était un jeu pour l’immortel, amusement aussi fugace qu’une aurore au prix de vies futiles, à qui il distribuait la grâce de mémorables derniers instants. Ces agneaux-là n’étaient qu’âmes perdues, à qui le trépas seyait mieux.

    Dans ces secondes d’inattention, quand toute son âme enivrée par le sang se portait vers les troubles échos d’un soleil éteint, il pouvait sentir parfois percer en sa poitrine un peu de ces regrets lointains, l’entraînant sur les chemins hostiles de sa mémoire. La musique qui jaillissait sous ses doigts en une symphonie funeste, ode à un cœur jadis aimant, réveillait les obscurités de l’âme. Elle chassait les cruautés et les laideurs du monde, le plongeant dans les méandres d’amours gangrenées par un deuil si facile ; alors il s’enivrait de cette folie douce qui le submergeait, mélodie impatiente qui accélérait toujours plus le rythme de ses doigts. Dans les couloirs du Palais, les notes en échos susurraient aux oreilles des familiers qui se trouvaient là, que le Maître se laissait emporter par des regards éteints, le fixant depuis l'autre rive… Mais il n’était jamais longtemps assez seul, pour que les ravages du passé n’abattent les murailles de son esprit. Le présent vorace d’attention monopolisait bien assez ses sens pour que les sursauts d’une humanité morte depuis bien longtemps ne parviennent à diluer ses pensées. Ah, Malychka, que n’aurais-je donné pour que tu vives ces jours d’abondance et de paix, toi qui me voyais sous les traits d’un monstre…

    Mais les affaires rappelaient aux ordres à l’orée de la nuit, et la sérénité qui s’était emparée de lui s’effacerait bientôt. Déjà l’amertume reprenait, sitôt la chambre rouge quittée, le sang neuf parcourant ses veines lui offrant la plus haute finesse d’esprit immortel, et l’engageant dans les sentiers tortueux de ses obligations. Pensées étincelantes, il reprenait sans mal le contrôle total de son empire abandonné un instant pour d’autres escapades, donnant déjà les ordres usuels d’une nouvelle nuit. On venait à lui tandis qu’il parcourait d’une excellente humeur les allées principales de sa superbe ville, accueillant tout sourire les salutations maladroites des humains sur sa route qui s’inclinaient bien vite à son approche, prenant là une main d’une vieille, faisant ordre ici d’offrir un logement à une femme chassée par son mari. Ce n’était que douceurs et amicalités, et d’autant plus sincères qu’il avait bien appris désormais à connaître les brebis de son troupeau grandissant, sachant parfois leurs noms, idole d’une foule passionnée par la bonté de son berger. Chiens ou moutons, ce n’était pas à eux de décider leur place.

    Avant minuit, il faisait quérir Ismaël. A l’heure dite, il vint à lui, respectueux et courtois, tel qu’il avait été éduqué… Tel qu’il avait toujours été. Mais ce soir, l’ouvrage différerait d’ordinaire, et s’approcherait des douceurs tortueuses affectionnées par l’infant, réputé pour ses fantasmes sanglants. Sans rien lui expliquer, Dimitri lui fit signe de le suivre et s’orienta vers les bas-fonds des geôles de la ville, une tourelle noire réputée inviolable, enfoncée dans les racines de la Terre. Alexandra, grande prêtresse de la justice riverlakienne, s’était absentée pour une envolée avec l’Ordre, ce que son Père lui avait gracieusement accordé. La récompense valait bien le travail effectué ; en plus de sa grande beauté, l’immortelle somptueuse prouvait encore son efficacité en ayant ramené en ville un infect partisan de la gangrène qui rongeait Dimitri. Voilà bien l’abomination qui entachait l’ouvrage parfait ; un infant malhonnête et fuyard, laid dans sa cruauté facile, abject dans sa traîtrise. Si l’on avait donné la vie, on pouvait bien la reprendre ; et une fois main mise sur cette bête immonde de Jaroslav, l’on lui arracherait la gorge à même la paume. Les informations potentielles données par le captif représentaient alors un bien inestimable pour trouver le scélérat, et en finir enfin ; mais l’autre, peu disposé à parler, semblait mériter plus que les tortures ordinaires. Ismaël devait être formé à l’intelligence de soustraire des aveux, et Alexandra échappée, ce serait le Roi qui le lui enseignerait.

    Le pourpre s’étalait en fleurs à larges corolles, gouttant dans les rigoles envahies par l’eau sale, diffusant dans la pièce un parfum de fer rouillé. La silhouette courbée vers l’avant, assise dans le fauteuil de bois et pieds et poings liés, patientait la gueule ouverte, le visage marbré de flétrissures qui ne laissaient aucun doute sur la nature des traitements reçus. Le garde ouvrit la porte, laissant entrer Dimitri et Ismaël, avant d’empoigner la chevelure de l’homme pour lui redresser la tête. Ce dernier, hagard, sembla retrouver ses esprits à la vue de Dimitri, écarquillant les yeux soudain et se mettant à hurler, cherchant à se défaire de ses liens « J’ai rien vu !! J’l’ai pas vu d’puis des mois j’le jure !!! » Le soldat lui frappa l’arrière de la tête, le condamnant au silence, et sur un regard de Dimitri, quitta la pièce. Le visage de ce dernier s’était profondément transformé. Au loin les sourires à son peuple, ou les ravages douceâtres des souvenirs en échos ; les marques d’un mépris absolu figeaient maintenant les traits fins, et dans les iris clairs luisaient la glace d’une colère froide, empreinte de cruauté. Il s’avança vers l’arrière du fauteuil, où sur une table se trouvait disposé un ensemble de coutelas, lames, pics, pinces et autres instruments de joyeusetés douloureuses, et faisant signe à Ismaël d’approcher, il faisait glisser entre ses doigts une petite serpe d’argent au manche de bois, indiquant paisiblement à l’intention de l'immortel captif :

    - Commençons simplement. Si tu nous donnais ton nom ?

    Devant le silence figé de l’homme, muet par la peur, et un restant absurde d’orgueil, Dimitri jetait un regard tranchant à Ismaël, lui tendant doucement la serpe.



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Ismaël Hopkins
vampire type 3


☾ âge : 326 ans.
☾ surnom : l'écorcheur.
☾ métier : garde du corps du maître de new riverlake.
☾ créateur : dimitri. huitième des infants voltchenkov, il y considère les membres comme sa propre famille.
☾ compétences : tueur redoutable, sa réputation le précède souvent. fin musicien également, c'est un pianiste remarquable dont les notes glissent entre ses doigts.
☾ arme fétiche : un katana à la lame insatiable.
☾ origines : Un mélange subtile entre des racines américaines et danoises.
☾ statut : dans une relation libertine avec ses démons intérieurs.


☾ avatar : bill skarsgard.
☾ arrivée en enfer : 29/07/2018
☾ missives : 39
☾ tickets : 171
☾ crédits : swan (avatar).

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MessageSujet: Re: New Riverlake - Geôles ☾ L'odeur du sang des morts   Mer 22 Aoû - 0:46


Les derniers rayons de la sphère divine disparaissaient derrière l'épais dôme de verre laissant alors place aux prémices de la vie nocturne de la cité. Lorsque la lune s'octroyait le trône de son jumeau, les rues s'animaient davantage, grouillant d'immortels, maîtres de la ville heureux de pouvoir reprendre leur statut d'ascendants. Une position bien délimitée entre ceux dont la vie pouvait être aussi brève qu'un battement de cils et les autres qui disposaient d'une éternité presque indécente. Fardeau pour certains, Ismaël voyait plutôt cela comme un cadeau. Un somptueux présent dont on lui avait fait grâce par le biais de son créateur et sauveur. Bien trop satisfait de cette seconde chance,  œillères portées fièrement vis à vis de cette position, il lui était difficile de comprendre comment diable certains de ses semblables ne pouvaient se résoudre à embrasser cette nouvelle existence. Renaissance tant désirée, il n'avait eu de cesse de profiter depuis lors de son récent statut. Chaque jour il en découvrait davantage sur le monde et ce même encore aujourd'hui où pourtant une indéniable lassitude aurait pu le titiller. Il n'en était rien, bien au contraire. Il en voulait toujours plus. Cette soif de curiosité était tout aussi insatiable que l'appétit malsain qui rongeait le creux de ses entrailles. Pulsions pernicieuses et dépravées, la bête qui sommeillait en lui était bien plus terrifiante que celle que l'on pouvait apercevoir au travers de ses canines aiguisées. Mimétismes sanglants d'un passé violent, victime devenant bourreau, les choses avaient bien changé pour le jeune enfant apeuré. Désormais il faisait figure de monstre, inspirant crainte et hantise aussi bien chez la plupart des mortels de la cité que de certains de son espèce. Un titre mérité et nullement dissimulé. Assumé ce qu'il était devenu ne le dérangeait absolument pas. Seule ombre au tableau : le regret, peut-être, de ne pas avoir goûté plus tôt à cette savoureuse métamorphose avant l'extinction de masse, la chute d'une civilisation inconnue à ses yeux derrière les barreaux de sa cage. Vivre caché, sans obligation de se dissimuler derrière un masque de fausse bonhomie. Rare tâche à laquelle il rechignait, les années avaient été longues pour lui avant de trouver un juste milieu. Un équilibre suffisant entre ses noirs désirs et la volonté ferme imposée par Dimitri de voir tous ces infants en parfait contrôle face aux humains de New Riverlake. Mascarade surjouée, tragédie de piètre qualité et dont pourtant chacun - ou presque – connaissaient l'issu fatale. Son géniteur et maître de la ville s'était imposé ainsi, et il respectait sa décision. En échange, Ismaël pouvait laisser libre court à ses besoins sadiques dans la plus  grande discrétion ou les combler à la demande de Dimitri comme cette nuit là.

C'est en pleine lecture d'un vieux roman d'aventure, un verre de sang frais à la main que le jeune Volchenkov  fut extrait de ses pensées. Son géniteur le demandait et comme toujours il répondit présent à l'appel. D'une loyauté exemplaire, Ismaël n'imaginait pas une seule seconde défier les demandes de ce dernier. Il l'aimait trop pour cela. Une attachement indescriptible, un lien infaillible que le vampire ne parvenait jamais à exprimer. Il préférait ainsi se taire, ayant bien plus de mal à percevoir l'affection envers autrui que la colère ou la douleur chez les autres. Un antagonisme singulier qui dévoilait toute la complexité de l'ancien prisonnier. « Vous avez demandé à me voir, Père ? » avait-il alors demandé une fois devant lui. Mais aucune information supplémentaire ne lui avait été donnée tandis qu'il suivit aveuglément son créateur. Leur chemin les mena jusqu'au geôles de la cité, là où une odeur ferreuse si familière commença à lui chatouiller le nez. Les sens du strigoï redoublèrent aussitôt d'intensité lorsque Dimitri poussa la porte de l'une des cellules, dévoilant face à ses iris acier le corps courbé d'un homme assis sur une chaise, pieds et poings liés. Un tableau qu'appréciait tout particulièrement l'infant au point d'en oublier toutes ses interrogations. Regard observateur, dépeignant avec délice chaque parti de cette scène post-torture, Ismaël comprit rapidement qu'il était une fois de plus question de Jaroslav, la création maudite de Dimitri, la sangsue ingrate qui lui avait pourtant permis dans sa traîtrise de croiser le chemin de son Père. Au sein de la tribu des Volchenkov, rares étaient les moments désormais où l'on évoquait son nom, telle une tare que l'on souhaiterait éradiquer. Il ne l'a jamais connu. Un mal pour un bien en ce qui le concerne.

Laissant le gardien quitter les lieux, l'écorcheur se laissa aller davantage. Les traits de son visage devinrent étrangement plus détendus.. plus enjoués. Il s'avança à son tour en contournant la victime, le tout sans une once de compassion dans le regard. Ses prunelles scintillaient d'une lueur lubrique en voyant l'amas d'instruments tortueux qui s'étalait devant lui. De quoi s'amuser dignement. Et par chance, face au silence maintenu par le prisonnier, Ismaël empoigna une petite serpe tranchante tendue par Dimitri. Un relais on ne peut plus alléchant, détachant un rictus pervers aux coins de ses lèvres. Jouant de l'arme entre ses doigts, il revînt alors vers le détenu martyrisé et se pencha délicatement vers lui pour lui relever la tête. Il semblait terrifié. « J'ignore où il est ! J'vous jure que si je le savais je... », s'égosilla-t-il à répéter dans un chouinement pathétique avant que le jeune immortel ne le coupe. « Chuut.. calmes-toi.. chuuut.. allez, respires un grand coup », lui ordonna-t-il avec une gentillesse faussement contrôlée, l'un de ses doigts venant caresser sa joue imbibée de sang pour le porter ensuite à ses lèvres. « Voilà qui est mieux déjà ». Il se lécha les lippes entachées avant de poursuivre. « J'imagine n'avoir nul besoin de te présenter mon maître. Tes yeux te trahissent suffisamment. En revanche.. ». Ismaël se mit à lever la main exhibant ainsi la serpe luisante dans la pénombre. « Laisse-moi te présenter ta nouvelle amie qui risque d'être d'une compagnie bien plus déplaisante que toutes celles que tu as pu connaître jusqu'à présent. ». Un silence de quelques secondes s'installa pour finalement reprendre. « Tu vas gentiment répondre à ses questions  ou sinon.. ». Sans prévenir et avec un calme olympien, Ismaël entailla avec une lenteur machiavélique, l'épiderme épais de l'une de ses fossettes.



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Dimitri Voltchenkov
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MessageSujet: Re: New Riverlake - Geôles ☾ L'odeur du sang des morts   Lun 3 Sep - 23:57

    Une affection particulière se portait pour cet infant-là. Plus jeune que la plupart, Ismaël inspirait à Dimitri quelques fugaces élans paternels venus d’un autre temps ; le garçon ressemblait peut-être, au moins dans certains de ses traits, à un fils qu’on avait vu naitre, et mourir. Mais l’immortel régnant ne trahissait pas ces affections discrètes. Hormis James, qui demeurait un cas bien à part, les infants Voltchenkov faisaient tous preuve d’une certaine dose d’ambition et possédaient la fâcheuse manie de se jauger selon la qualité de l’amour qui leur était porté. Un petit jeu que Dimitri ne cherchait pas forcément à apaiser, laissant entre eux ses gamins se disputer son affection, sans manquer veiller à ce que leur fraternité demeure absolue. Aux heures graves, nulle futilité n’empièterait sur le destin des Voltchenkov.

    Aussi, bien qu’il lui ait, lors de son apprentissage, offert un peu plus d’attention, l’immortel régnant prenait-il désormais soin que le temps accordé au jeune Ismaël demeure équitable par rapport aux autres. La présence perpétuelle de ce dernier à ses côtés se trouvait ainsi justifiée par le poste qui lui avait été attribué ; mais ce soir, une tâche toute particulière lui était assignée. Les goûts de son jeune infant pour la chair et le sang demeuraient de l’ordre de la plus stricte intimité, mais naturellement, les membres de la dynastie des Voltchenkov n’avaient pas de secrets les uns pour les autres ; aussi Dimitri savait ces penchants assez semblables aux siens, sans s’en trouver agité. Bien que l’on lui murmure le danger potentiel de la sauvagerie du jeune homme, l’immortel savait qu’il ne trahirait pas la discrétion imposée aux membres de la famille royale, sans manquer toutefois lui rappeler de temps à autre, que ses passions illicites n’étaient que tolérées. A sa charge donc, d’en conserver le plus grand secret.

    Ce soir, ses talents de boucherie se révèleraient peut-être utiles. D’ordinaire, Alexandra endossait le rôle de formatrice mais en son absence, la joyeuse partie sanglante qui s’annonçait serait un moyen d’enseigner personnellement quelques techniques bien rôdées. Le six fois centenaire n’avait pas gâché son temps ; parmi ses hobbies, se trouvait une fascination pour le corps humain et ses mystères, de son système vasculaire à la qualité de ses fibres contractiles, et autres merveilles de mécanisme cognitif. Un exercice dont Dimitri usait quelquefois dans ses qualités de régnant, au hasard d’un blessé trouvé sur son chemin, tant il semblait que la science, pour l’humain lambda, semblait relever de la magie ; et donnait aux plus fidèles de nouveaux arguments quant à la perfection de leur Maître. Pas sûr que les cas les plus désespérés n’aient été enchantés de faire mourir leurs cris dans le petit laboratoire personnel de leur hôte, sous les essais cliniques et autres recherches pour le moins douloureuses.

    Il fixait Ismaël avec une attention évidente, les iris braqués sur les moindres gestes de son garçon. L’infant se montrait méticuleux, et Dimitri tira une chaise à quelques mètres face à l’humain attaché pour s’y installer, croisant négligemment une jambe et glissant une main sous son menton en s’appuyant sur l’accoudoir, prêt à inspecter l’ouvrage. Les mots d’Ismaël sonnaient bien, il en fut satisfait. La douceur contrôlée demeurait le meilleur moyen d’obtenir des aveux, ce qu’ignoraient la plupart des bourreaux humains qui faisaient preuve d’une cruauté bien trop directe. Il fallait se montrer raisonnable, ou l’on n’arrivait à rien. La brutalité servait d’entrée en matière ; une fois le patient vidé de ses forces, et de son orgueil, commençait le véritable travail de persuasion, fin dosage entre la douleur et la mesure de la résistance du corps. Un art que l’apprenti semblait bien parti pour maîtriser. Dimitri méprisait la cruauté barbare, le travail accompli avec anarchie et désordre. La discipline galvanisait le moindre geste, le savoir-faire engendrait la beauté d’une méthode savamment apprise ; même dans un si pauvre climat, la connaissance demeurait la clé de l’efficacité dans l’économie des actes. Voilà une valeur que Dimitri enseignait à ses engendrés.

    Le gémissement qu’Ismaël tira à son prisonnier ne laissa pas de doute sur la terreur qu’il inspirait, et le Roi jugea la peur dans les iris de l’homme suffisante pour retenter les questions. Son ton était légèrement las face à l’inutilité de tant d’insubordination.

    - Tu as été pris avec un courrier signé de sa main. Où et quand te l’a-t-il confié ?

    Le silence de l’homme ne laissait pas de doute quant à la qualité de ses réserves. Les vampires demeuraient toujours plus coriaces aux interrogatoires, aussi Ismaël aurait-il loisir à s’amuser un peu. Ce n’était pas plus mal. Dimitri le laissa reprendre ses ornements sanglants, contemplant d’un œil distrait les scarifications de plus en plus profondes que traçait son infant dans la chair blafarde. Le courrier avec lequel avait été pris l’homme n’avait pas de sens à proprement parler, juste quelques mots griffonnés à la hâte de la main de Jaroslav, informant on ne savait qui qu’il se rendait dans un lieu seulement mentionné par deux V ou un W. Dimitri fronça un peu sourcils, agitant les doigts en s’adressant à son infant.

    - Procède par zone, ne t’étale pas trop, où il ressemblera à un tartare. J’aime bien le bistouri 15 pour décoller la peau du muscle, il est légèrement plat au bout, tu peux facilement retirer tout un visage avec celui-là…

    Le patient ne le laissa pas finir, l’interrompant à grands renforts de braillement qui eurent le don d’agacer vivement l’immortel ; Ismaël sut rapidement le faire taire. Pinçant l’arête de son nez entre le pouce et l’index un instant, Dimitri reprit dans un léger soupir irrité :

    - Cesse donc de hurler, nous n’arriverons à rien. Donc, nous parlions de cette lettre…

    - I’m l’a donné du côté de New Bellingham, y’a deux jours !! Il est parti après, mais j’sais pas où, il devait rencontrer quelqu’un…

    Visiblement, les méthodes de l’infant commençaient doucement à offrir leurs résultats. Intrigué par l’histoire du rendez-vous, Dimitri fit signe à Ismaël de reprendre.


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MessageSujet: Re: New Riverlake - Geôles ☾ L'odeur du sang des morts   

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New Riverlake - Geôles ☾ L'odeur du sang des morts
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