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Maintenance prévue vendredi 28 septembre. Nouveau design et chapitre 2 !


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  Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma DavisVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Daria Vasily
vampire type 3
☾ âge : 327 ans
☾ surnom : Dárius
☾ métier : Maraudeuse / Herboriste
☾ créateur : Jaroslav Zelivský
☾ compétences : Armes d'hast / Rapine / Botanique
☾ arme fétiche : Fauchard
☾ origines : Estonienne par sa génitrice & russe par son géniteur...
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☾ arrivée en enfer : 16/05/2018
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MessageSujet: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   18.06.18 23:09

Nuit sans lune, nimbée de brume. Le bâtiment qui s'offrait au regard affichait une importante décrépitude, Daria songeant qu'il aurait aussi bien pu être occupé par de vulgaires lambins tant son état laissait à désirer. A l'évidence, le clan avait omis d'en fortifier la structure, grave erreur si une attaque d'Enragés survenait. Mais l'apparition blafarde s'appliquait fermement à briser les fers de l'opinion arrêtée, jugeant que de simples badauds ne pouvaient être si bien organisés... Il fallait du temps pour établir un ordre nouveau, rassembler des âmes tourmentées et leur redonner suffisamment de foi pour lutter car il ne fallait pas seulement gouverner mais bien guider.

Sans jamais détourner les yeux du décor structuré, Daria mit silencieusement fin au décompte, les deux derniers doigts échappant à la paume ivoirée.
" ...Dix. "
La dernière sentinelle verrouilla la porte principale du refuge, l'immortelle plissant les yeux, enfin disposée à entreprendre sa progression. Elle avait beaucoup de temps devant elle et heureusement... Il avait été nécessaire d'attendre que le dernier humain soit entré. Elle n'en était pas à son premier coup d'essai. Les obstacles à franchir et les efforts à fournir n'avaient en rien entamé ses obstinations: elle savait exactement où elle devrait aller et ce qu'elle était venue chercher. Plusieurs nuits durant, elle avait entrepris de s'instruire sur les coordinations tactiques de cette horde de sauvages qui, si elle ne s'était pas trompée, se réunissait presque chaque semaine en vue d'introduire un Conseil particulièrement utile au clan... Ils étaient plus nombreux que la dernière fois. De nouveaux visages d'angelots encrassés et terrifiés par ce que ce monde leur réservait déambulaient maladroitement dans les artères délabrées de ce sanctuaire. Etaient-il au courant...que même lui ne pourrait pas les protéger. Qu'était-il pour eux ? Un patriarche ? Un précepteur ? Que souhaitait-il leur enseigner..? Comment survivre ici bas ? Quelle ineptie... Ceux-là avaient déjà un pied dans la tombe...la moitié d'entre eux ne passeraient probablement pas l'été. Quelles assurances absurdes animaient donc le coeur vigoureux ? Quelles entreprises utopiques cernaient l'âme de leur infâme étau ? Il les tuerait à leur prescrire ainsi de résister.

Un étrange concert s'infiltra alors brutalement dans son crâne, une rumeur exotique, faite de cris exaspérés et de nombreux sifflements indignés. Des éclats de voix lui parvinrent du rez-de-chaussée et la canite devina déjà la cause de cette querelle. Deux avis fermement opposés, deux âmes trop butées... Les invectives étaient particulièrement vives, forgées par les penchants les plus bellicistes. Ces hommes là n'étaient pas des tendres. A l'évidence, Nemrod savait fort bien s'entourer. Etait-il avec eux..? Pourrait-elle l'apercevoir d'ici ? Invoquer une telle imprudence équivaudrait fatalement, à un moment ou à un autre, à ouvrir les hostilités: il ne fallait pas trop traîner et se hâter. S'accorder sur l’organisation de son divertissement nocturne était la première nécessité. Un regard jeté en direction de la corniche lui permit de savoir exactement où grimper, la silhouette élancée escaladant sans mal le fronton détrempé. Daria évoluait avec aisance dans cette obscurité, ignorant un froid devenu plus dense qui ne l'atteignait même pas.

Le verrait-elle ce soir ? Pourrait-elle poser à nouveau le regard sur lui ? Briguait-elle un coeur qui lui était pourtant si hostile ! Savourer à loisir, les iris ivres d'un plaisir à venir: elle exultait. Ses déboires se consumaient dans l'impérissable perplexité de ce qu'elle s'efforçait d'être et songeait déjà à devenir... Une gardienne aimante, féale adoratrice qui ne le laisserait jamais tomber. Oui, il lui appartiendrait. Ses prunelles flamboyèrent à cette simple idée.

Il n'y avait à ses yeux aucune haine qui ne puisse être désarmée à force de bons procédés et même si l'homme avait douloureusement essuyé ses offenses, peut-être que la décence et la dignité parviendraient à apaiser son animosité. Dans une pareille situation, il avait été essentiel de poser des limites pour ne plus les franchir. Mais son imagination trop débordante faisait trop aisément diversion à sa mémoire pour mieux l'inciter à recommencer et à s'engouffrer à nouveau dans le pêché. C'était un jeu qui n'avait pas de fin: elle le retrouverait, elle irait elle-même quérir son dû. En attendant, il avait fallu endurer patiemment les tourments. L'indicible honte qui l'habitait lui donnait toujours l'air coupable, l'immortelle ne supportant pas même les reflets que lui peignait cette position incommodante: celle de l'oppresseur saturé de regrets. La condition affichait sans cesse la voracité, la repentance pouvait bien l'habiter, l'appel du sang était trop puissant... Maints nouveaux griefs à prédire; l'accueil ne risquerait pas d'être très engageant.

L'édifice était un dédale de couloirs sombres et ceux du dernier étage étaient presque déserts. Quelle aubaine... " Nemrod...ta maison était-elle donc si disposée à me faire entrer ? " Dans les carrefours sans vie, la damnée instaura son avancée, évoluant dans le silence le plus complet, l'ombre algide éveillant les pires anxiétés pour qui se trouverait soudain à proximité. Synapses en alerte. Cet univers qui était déjà sien désormais avait l'air d'évoluer sans elle, de l'envelopper et de la dépasser sans même lui laisser l'opportunité de s'y intéresser. Elle était déjà parvenue là où son odorat l'avait guidée, alors fermement établie dans les quartiers de son dernier favori. La porte émit un grincement sinistre, à son entrée. Douce fragrance, bouquet entêtant, elle inspira un air qui ne lui accorda pas même la grâce de l'apaiser. A l’agonie sous l’insoutenable proximité du mortel, si proche...et si loin à la fois...l'immortelle inclina légèrement la tête de côté, la proéminence des crocs lui étant brusquement douloureuse. Le moment n'était pas venu d'accuser la perfidie. Une chaleur enivrante baignait la grande pièce, les iris incisifs s'ouvraient à nouveau, détaillant déjà tout. Un premier pas lent la mena à hauteur d'un secrétaire jonché d'une paperasse aussi ennuyeuse qu'encombrante. Elle absorbait pourtant chaque détail, chaque courbe, chaque cryptogramme avec un intérêt non dissimulé, quêtant la graphie masculine, avide d'en savoir davantage sur lui. Cette écriture ci était trop féminine... Une femme ici..? Cette idée la déconcerta avant de la contrarier. Kelly peut-être..? Ce nom était venu tant de fois sur le tapis, lors de leur dernière entrevue... Kelly était-elle ici ?

Tandis que la créature performait son analyse minutieuse de l'environnement masculin, un rythme cardiaque pondéré, parfaitement métré, qui battait à proximité, lui signifia promptement que quelqu'un était en train d'approcher. Elle emprunta un livre qu'elle consulta sans trop d'alarme, tournant le dos au nouvel arrivant qui n'attaqua même pas. Tiens donc, pourquoi cela ? Ah...l'instinct sans doute, celui-ci devait savoir qu'il était déjà repéré et qu'il risquait d'être abruptement démembré... Et puis tiens, quel était ce fumet complexe et gracieux..? Une femme... Quel drôle de hasard... Délicieuse, à n'en pas douter. " Kelly, est-ce toi...? " Il n'était plus temps de traîner. Elle devina que l'autre était peut-être enfin prête à frapper. L'ouvrage fut refermé d'un mouvement sec, la vampire ne lui faisant pas même face, articulant en ne prenant même pas la peine de paraître inquiétée, l'avertissement étant lancé:

- Oh non... Non non non... Range cette arme, tu veux ?

Avant même qu'elle ne puisse rétorquer quoi que ce soit, la silhouette diaphane s'était transportée vers le côté opposé, la détaillant avec une extrême curiosité, aux aguets. Elle leva une main pour mieux braquer un index accusateur dans sa direction, le regard affûté démontrant une vive contrariété, l'immortelle semblant fort chagrinée d'être ainsi interrompue dans sa rigoureuse inspection. La tête obliqua lentement, les iris céruléens scrutant le visage qui lui faisaient face, épluchant chaque ligne, chaque sinuosité, admirant en silence la beauté d'or, revenant bientôt aux prunelles courroucées. Elle était belle, celle-là, mais elle gênait, ce que Daria ne se priva pas de lui indiquer.

- Qui es-tu toi..?


Meri mul musta, joida, joogikappa, joida,
hai-lii-loo, joogikappa, jo
Taevas mul laia, joida, söögilauda, joida,
hai-lii-loo, söögilauda, jo
Oh mina vaene, joida, orjalapsi, joida,
hai-lii-loo, orjalapsi, jo.
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Emma Davis
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MessageSujet: Re: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   21.06.18 13:35

Armée d’un bol empli d’une tisane qu’elle espérait salvatrice pour la nuit, Emma entra dans sa chambre, là où elle avait placé le jeune malade. Son état s’était maintenu sans s’être forcément amélioré. Au moins, cela n’avait pas empiré, et c’était bien là l’essentiel, pour l’instant, se mit-elle à penser. A peine eut-elle refermé la porte derrière elle que son regard se posa sur la petite silhouette allongée dans son lit, l’enveloppant de ses yeux emplis de tendresse. Elle se dirigea sans bruit jusqu’à la couche, déposant le bol sur la petite table disposée à côté. Les enfants avaient tendance à être victimes de divers maux et étaient rapidement contaminés, avec les contacts rapprochés ; ils passaient tout leur temps ensemble, partageaient les repas, et dormaient tous ensemble. Si un mal se déclarait chez l’un d’eux, il était parfois trop tard pour prévenir et d’autres souffraient par la suite de la même maladie, laissant à la blonde le soin de s’en occuper et de les traiter pour les remettre sur pied.
Depuis plusieurs mois, Derek lui apprenait à lire et à écrire. La tâche s’était révélée difficile. Elle voulait faire de son mieux et avait du mal à supporter le rythme lent qu’imposait cet apprentissage. Elle aurait souhaité acquérir tous les savoirs et la maîtrise de la lecture, de l’écriture, mais à son désespoir, c’était bien plus complexe que ce qu’elle avait pu imaginer. Ses premières lignes l’avaient laissée honteuse devant le résultat. Alors elle s’était appliquée encore et encore, jusqu’à obtenir un minimum de satisfaction. Pour la lecture, Emma préférait lorsque le brun la lui faisait, à vrai dire. C’était si plaisant de s’installer à ses côtés, le voir déchiffrer ces lettres qui formaient des syllabes, des mots aux sonorités si différentes selon l’assemblage des lettres. Cela semblait si simple lorsque les mots sortaient de sa bouche avec fluidité tandis que ses yeux parcouraient le papier. Emma aurait pu passer des heures à le voir faire et à l’écouter.
Lorsqu’il avait posé le livre sur ses genoux, lui signifiant que c’était à son tour de se mettre au travail, et d’apprendre à lire, elle était restée immobile et perplexe devant cette décision.. Elle s’en était sentie incapable. L’apprentissage avait eu lieu tous les soirs, durant des semaines entières au cours desquelles Emma avait bien cru renoncer lorsque cela devenait trop compliqué, qu’elle butait indéfiniment sur le même mot. Elle voulait faire de son mieux, et ne pas le décevoir, puisqu’il plaçait des espoirs en elle, en lui confiant cette mission liée au savoir.
Si la lecture était à but purement utile, afin qu’elle puisse se renseigner davantage sur l’utilisation des plantes pour soigner la Meute, elle la maîtrisait mieux à l’heure actuelle, et elle en détournait l’usage lorsque cela était possible. Ethan lui avait ramené quelques ouvrages qu’il avait réussi à trouver dans les ruines, en allant fouiner ici et là. Parmi les œuvres, elle avait mis de côté deux livres qui étaient constitués de contes célèbres, apparemment. Le résumé laissait savoir cela, alors elle les avait gardés à part. C’est pourquoi, avant de s’asseoir auprès du petit, elle prit un de ces fameux livres sur la petite planche accrochée au mur, qui lui servait d’étagère, et s’installa finalement à côté de l’enfant, qui lui offrit un léger sourire en la voyant approcher. Il se redressa légèrement de sorte à s’appuyer contre elle, tandis que les yeux bleus commençaient à déchiffrer les premières lignes, dans un rythme lent mais bien moins saccadé qu’à ses débuts. La lecture ne se révélait pas facile, sa concentration était complètement focalisée sur les mots qui défilaient sur la page. L’enfant posait quelques questions, auxquelles Emma ne pouvait répondre, ne connaissant pas l’histoire, la découvrant en même temps que lui, et laissant la surprise de l’aventure qu’elle contait alors, pour lui et pour elle.

Les quelques pages lues suffirent à endormir son louveteau, dont elle embrassa la tête avant de remonter la couverture sur lui, et de passer une main sur son front. La tisane avait été bue au cours de la lecture et semblait calmer les maux principaux pour l’instant. Elle irait remercier Alisea pour les plantes qu’elle lui avait conseillées et fournies ; à n’en pas douter le traitement administré était efficace. De plus, cela lui laisserait l’occasion de passer un peu de temps avec cette jeune femme calme et réservée qui lui inspirait confiance depuis le départ. Alors qu’elle se redressait pour retourner au rez-de-chaussée, et voir si Derek et Ethan étaient rentrés, elle entendit un bruit léger. Un grincement, tout proche. Regardant la propre porte de sa chambre un instant, restant immobile, elle se fit la réflexion que cela devait venir de la porte suivante : la chambre du chef de la Meute. Elle resta là, à écouter le moindre signe qui lui aurait indiqué que c’était lui, qu’il était rentré et était parti se réfugier dans sa pièce, mais ça ne lui ressemblait pas. Il serait probablement venu la voir pour savoir si tout allait bien. Ses yeux se déplacèrent dans la pièce tandis que son esprit commençait à évaluer les possibilités. Un enfant qui s’était levé et était parti se réfugier dans cette pièce, pourquoi ? Son instinct la poussa à s’emparer de cette dague qu’elle avait récemment trouvée. Doucement et sans bruit, elle quitta sa chambre, après avoir posé un dernier regard sur l’endormi. Elle ne prit pas le risque de la refermer complètement, ce qui aurait pu faire du bruit et se déplaça à pas de loups sur les quelques mètres qui la séparaient de la porte. Nulle peur, nulle angoisse ne la traversait. Seule l’envie de découvrir l’intrus et de protéger ceux qui se trouvaient sous ce toit l’animaient. La blonde poussa la porte et ses iris se posèrent sur une silhouette au fond de la pièce, qui lui présentait son dos. L’individu était de taille légèrement plus petite qu’elle, de corpulence fine. Sa main se referma plus fermement sur la poignée de la dague. Et des paroles lui parvinrent. Son visage resta impassible tandis qu’une appréhension grandissait en elle. La demande ne trouva pas de réponse, il était hors de question de se désarmer dans cette situation. Au contraire, son regard engloba la pièce, à la recherche d’objets qu’elle pourrait utiliser comme armes. Le tisonnier rangé près du foyer attira tout particulièrement son attention, mais sa concentration se focalisa à nouveau sur l'indiscrète qui se déplaçait d’une façon étrange. Beaucoup de fluidité, une légèreté dans les pas… Pas un souffle. Un frisson parcourut son échine lorsqu’elle devina de quelle espèce faisait partie celle qui se trouvait en face d’elle à présent. Le teint trop pâle pour le commun des mortels, elle semblait l’observer tandis que Emma sentait son corps se tendre au fil des secondes, ne la lâchant pas du regard.

La question lui fit froncer les sourcils. Qui était-elle ? Et en quoi cela l’avancerait donc de le savoir ? Elle se décala légèrement, retournant se placer devant la porte, dans l’inquiétude que cette invitée surprise ne décida de visiter davantage les lieux. « J’habite ici. Que fais-tu chez moi ? » demanda-t-elle à voix basse, afin de ne pas attirer l’attention de ceux qui étaient présents à l'étage inférieur. Aucun cri ne devait percer. Elle ne souhaitait pas que cela vire au drame. Un vampire ici pourrait causer bien des dégâts malgré le nombre d’humains prêts à se défendre, et elle avait ses petits à protéger à tout prix. Mille possibilités se dessinaient dans son esprit sur la raison de sa venue, et une principale lui faisait plus peur que les autres : la faim. « Les personnes vivant sous ce toit ne sont pas du genre à se lier d’amitié avec vous autres. Repars d’où tu viens. » finit-elle par lui dire, dans une demande qui était à la fois un conseil.


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MessageSujet: Re: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   22.06.18 12:22

Elle n'était guère reçue en grâce. L'humaine se passait bien de harangues ennuyeuses pour saluer son entrée ce qui au fond, ne l'étonna pas beaucoup puisque l'heure n'était point à une quelconque sodalité. Si cette jeune femme était instruite du vrai motif de ce voyage, la vampire observerait promptement l'impulsion d'une main ennemie et devrait goûter à nouveau à ses nombreuses férocités. Quand, dans l'embarras d'un rôle si peu fait pour elle, Dárius démontra les premiers signes d'une disposition antinomique, l'enveloppe blafarde cessa aussitôt de bouger, scrutant sans plus cesser l'intrépide qui lui faisait face, paraissant totalement échappée au présent, une nappe inquiétante se dessinant sur les traits statufiés. Réaction immédiate, face à l'audace inattendue d'une nature pourtant si périssable, la lèvre supérieure se rehaussant sur une canine effilée, car les mots prononcés étaient bien loin de la contenter... La figure trop hâve ne pouvait arborer des dispositions aussi comminatoires, retrouvant une parfaite égalité d'âme en songeant qu'il n'y avait pas matière à alléguer le moindre tort à une femme que l'on venait importuner dans sa propre maisonnée.

Elle ne cria pas et Dárius l'en estima alors davantage, s'adressant même à elle à voix basse. L'énergie qu'elle semblait appliquer à demeurer parfaitement maîtresse de la situation impressionna séance tenante la non-morte qui réprima aussitôt une nouvelle démonstration de provocation, se dispensant d'engager un assaut qui marquerait encore l'âme de nouveaux stigmates. Elle ne touchait ni aux femmes, ni aux enfants. Les hommes étaient des proies de choix qu'elle s'évertuait fermement à accabler: hostilité latente pour un sexe qui ne l'avait que trop persécutée. Ces compensations étaient maigres en vue des tourments si injustement endurés mais...elles adoucissaient un peu cette triste existence.

Disséquer chaque angle, chaque saillant, décrypter chaque expression faciale pour mieux anticiper la moindre incursion militaire. L'immortelle huma à nouveau l'air, soucieuse de détecter la plus infime nuance dans cette fragrance déjà si piquante, les variations de parfum étant toujours le signe d'un changement d'humeur imminent. A l'instant même où l'humaine condamnait l'entrée, la figure livide dévia complètement, les iris se fixant sur d'autres plans. Quelques secondes suffirent. Elle le sentit mais surtout elle l'entendit. Le chérubin. Le rythme cardiaque était si tranquille qu'elle soupçonna qu'il fut complètement endormi. Son odorat ne la trompait jamais, son ouïe non plus... Touchant... Était-elle la mère ?? Le regard était alors bien plus pénétrant, acéré, ce que la femme constata, démontrant bien plus d'aplomb encore, faisant un premier pas, prête à en démordre déjà. Un claquement de langue sinistre lui intima de cesser aussitôt son avancée, l'immortelle articulant, adiaphorique:

- N'essaie même pas. Toi et l'enfant seriez déjà morts si mes intentions étaient si répréhensibles...alors tiens-toi tranquille.

Tenter adoucir les convictions humaines était inutile car celle-là n'en démordrait pas. Elle était à n'en pas douter de la même veine que son dernier favori... La maintenir à une distance respectable était alors une nécessité. Il fallait parvenir à enfoncer dans le coeur l'empreinte d'une entente à venir, suspendre durablement les hostilités, éventrer l'inimitié. L'immortelle n'était guère là pour faire du mal à cette femme. Nemrod...c'était lui qu'elle voulait. Avec lui, cela serait une toute autre histoire. S'il obtempérait, elle ne le brusquerait pas, cette fois... Mais s'il résistait... Une clameur macabre étreignit à brûle-pourpoint l'âme. Il ne s'était pas beaucoup plu avec elle, ce qu'elle ne lui reprochait pas, il n'était simplement pas acceptable qu'il la répudie ainsi. Il lui donnerait ce qu'elle voulait ou elle le briserait. Telles étaient ses indignités. Les derniers mots que lui adressa l'humaine tirèrent à la brune un rictus fâché, celle-ci reportant enfin les yeux sur la silhouette féminine et consentant à nouveau à se préoccuper un peu d'elle.

- Que je m'en aille...?

Les mots étaient à peine soufflés. Une telle épreuve était loin de l'impressionner mais elle préférait opter ce soir pour un peu plus de gracieuseté... Elle était belle l'imprudente mais il était primordial qu'elle amortisse ses attaques verbales car l'immortelle était loin de pouvoir soutenir longtemps une telle avanie. Qu'elle parte...? Quel toupet... La figure éthérée se déroba à la vision humaine, une chandelle vacilla.

Désormais assise au pied du lit, face à la porte, elle détaillait longuement l'intruse, les orbes sombres ne laissant rien paraître, aucune alarme ni même aucune menace, la posture nouvellement adoptée signifiant bien à l'humaine qu'elle n'avait strictement aucune intention de bouger. À son côté, une besace laissait entrevoir les bordures d'une épaisse boîte en bois. Directement en contact avec elle, un autre contenant. Celui-ci renfermait tous les accessoires de prélèvement sanguin utiles à une bonne saignée. Non, elle ne le mordrait pas...et il ne souffrirait pas. Elle semblait parfaitement immobile, l'étudiant toujours mieux, piquée d'une vive curiosité. Elle était grande, cette mortelle, plus grande qu'elle, l'enveloppe athlétique ne pouvant démontrer qu'une grande vitalité. Vampire, elle aurait été une redoutable adversaire, humaine, elle ne représentait pas un grand danger... Dárius, dans sa contenance actuelle, lui renvoyait une telle indifférence qu'il était impossible de lui soupçonner la moindre agressivité mais il fallait malgré tout se méfier... La bête ne lui accordait jamais le luxe de la délaisser trop longtemps. La noirceur, sous le masque blanc, affluait sans cesse sans que rien ne puisse jamais l'arrêter. Elle était parfaitement silencieuse, désormais bien enracinée, contemplant toujours l'autre en finissant finalement par s'étirer, un oeil torve agrippant son regard tandis qu'elle demandait:

- Nemrod... Où est-il ?


Meri mul musta, joida, joogikappa, joida,
hai-lii-loo, joogikappa, jo
Taevas mul laia, joida, söögilauda, joida,
hai-lii-loo, söögilauda, jo
Oh mina vaene, joida, orjalapsi, joida,
hai-lii-loo, orjalapsi, jo.
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MessageSujet: Re: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   28.06.18 15:22

C’était certainement sa figure protectrice qui s’était éveillée en elle, lui donnant suffisamment de courage pour se retrouver face à l’immortelle sans avoir l’intention de lui faciliter la tâche ou de paniquer immédiatement. Emma les avait côtoyés petite ; les canines dépassant sournoisement à chacun de leurs sourires ne lui avaient pas paru aussi effrayants que cela : peut-être parce qu’enfant elle ne les avait pas vus à l’œuvre. Elle les avait découvert froids, lorsque Desmond, le maître de sa mère, glissait une main glacée sur sa joue quand il passait à proximité. Pouvant rester immobiles durant une durée indéterminée, soutenant le fait que le temps n’avait aucune emprise sur eux. Et elle avait découvert leurs visages particulièrement cruels, lorsque le corps de sa génitrice lui était apparu, rudement mutilé. Sa haine à leur encontre était née ce jour-là, alors qu’elle avait constaté leur vraie nature, et cette animosité avait savamment prospéré au fil du temps, alors qu’elle avait été vendue comme esclave, les servant des années durant, subissant leurs colères, caprices et désirs, au sein d’une Cité dont elle préférait oublier le nom et s’en tenir éloignée à jamais.

Elle put distinguer ces mêmes canines sur celle qui lui faisait face, et son palpitant pouvait bien la trahir à cet instant. Elle n’était pas sereine, pas quand un prédateur se tenait droit devant elle, alors que son propre corps restait la dernière barrière avant qu’elle ne trouve son protégé du soir. Corps dont le liquide pourpre pourrait sustenter la créature. Elle se forçait à se reprendre et rester lucide : aucune action folle ou périlleuse ne devait être tentée, la peur ou la haine ne devait pas la guider, pas ce soir, pas ici sous ce toit.
Elle put remarquer le changement dans l’attitude de la vampire, dont le regard devint plus perçant, vivant. Elle pensa instantanément au petit, et ses tripes se retournèrent dans son ventre à l’idée qu’une main glacée se pose sur lui. Non, c’était hors de question, elle ne la laisserait pas faire quoi qu’il lui en coûte. Son corps sembla obéir à ses pensées, sa jambe s’avançant alors, dans un mouvement de défense de la porte.
Les mots soufflés lui coupèrent son souffle, elle ne s’était pas trompée, l’autre avait deviné. Sans doute la peur pouvait se lire dans son regard, mais une part d’elle-même fut soulagée de l’entendre évoquer une grâce qu’elle leur offrait. Elle était là, sûrement affamée, assoiffée, et pourtant… Cela attisait sa curiosité et la faisait sombrer dans la perplexité. Emma ne répondit rien, et reprit sa position initiale, reculant donc d’un pas, son attention ne lâchant pas cette silhouette qui était si mince mais prenait tant de place à la fois.

Dans un dernier recours, elle lui avait soufflé l’idée d’un départ. La réaction qu’elle obtint lui fit comprendre qu’elles n’étaient pas tombées sur un accord. Pire, cela semblait même contrariée l’immortelle si elle se fiait à son expression et au regard qu’elle venait de lui servir. L’humaine hocha simplement la tête lorsque l’intruse répéta son souhait : c’était exactement ce qu’elle voulait, qu’elle disparaisse d’ici, sans attendre plus longtemps. Elle ignorait le but de sa venue, et fut tentée un instant de le lui demander. Mais finalement, l’idée d’échanger davantage avec elle la rebutait. Elle espérait que cette entrevue ne durerait pas, tant elle lui semblait indésirable. Ses yeux eurent du mal à suivre son mouvement, tandis que la visiteuse s’installait sur le coin du lit de Derek, et ses iris vinrent s’accrocher à nouveau aux siens. Emma se sentait désemparée face à son attitude : elle ne semblait vouloir aller nulle part, et elle ne risquerait pas de la sortir d’ici de force : le combat aurait été perdu d’avance. Au fond d’elle-même elle se résignait : il fallait savoir ce que voulait l’immortelle, pour quelle sombre raison était-elle entrée ici. Elle se mit à son tour à la détailler, notant la façon dont elle se tenait, et captant alors la besace qui l’accompagnait. Sa curiosité était piquée au vif, mais elle préféra rester murée dans son silence. Jusqu’à la question. L’évocation du surnom de Derek la fit tiquer. Ses sourcils se froncèrent face à l’incompréhension. Elle savait qu’il échangeait avec une immortelle, une rousse qu’elle avait pu apercevoir et à laquelle elle aurait volontiers adressé sa flèche si le chef de la Meute ne s’était pas interposé. Mais.. une autre ? « Il n’est pas encore rentré. » Elle aurait aimé en rester là, et se contenter de lui répondre ainsi, vaguement, mais tout en disant la vérité : il allait venir, mais elle ne savait pas exactement quand. Il était quelque part dans la Bordure. Et elle se demanda ce qui se passerait s’il passait la porte dans les prochaines minutes. A cette pensée, sa langue se mit à agir plus vite que son esprit : « Que lui veux-tu ? » Le dialogue semblait donc lancé, puisqu’elle se mettait à la questionner à son tour. Emma soupira, de frustration, d’abandon. Elle n’avait pas le choix, elle devait rester calme, et tolérée cette présence indésirable. Ses iris céruléens contemplaient la silhouette : c’était donc pour cela qu’elle se trouvait dans cette chambre en particulier. Que faisait-elle ici ? Elle l’avait surprise un livre à la main, mais il était certain qu’elle n’était pas venue échanger des livres ou faire un peu de lecture. Son regard se déplaça dans la pièce à la recherche d’un objet manquant. Rien ne l’interpellait. Rien d’autre que ce sac à ses côtés et ce qu’il contenait. « Comment connais-tu Nemrod ? » demanda-t-elle, méfiante, et toujours armée de sa lame. Jamais trop prudente, surtout avec un être de cet acabit en face de soi.
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Daria Vasily
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MessageSujet: Re: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   10.07.18 23:54

Quelle étrange fatalité... Tandis que sa maladresse et son guignon nuisaient durablement à sa bonne réputation, l'immortelle invoquait la grâce du ciel pour que cette humaine la prenne sous son aile... Aspirant sans doute à des rapports plus pondérés qu'avec ses pairs. Le sel de ses gentillesses accentuerait peut-être davantage la suspicion qu'elle lisait dans le regard de son interlocutrice, car la raison de sa présence ici n'était bien sûr pas si accommodante. Fallait-il donc endurer l'âpreté de ses propres censures ! Comment avouer ? Si la blonde comprenait ses desseins, nul doute qu'elle n'hésiterait pas à la défier et l'on voulait à tout prix s'épargner de nouvelles hostilités. Dárius portait en elle la mémoire des flammes, une division dans les branches résinifères, cortège de souffrances incommodes qu'il avait bien fallu endurer. Mais la pire mémoire restait celle qui l'exempterait à jamais de bonheur et qui ne finirait à l'évidence véritablement qu'avec elle. Chaque nuit le même air vicié, le même bruit interne, écho strident à un acte mille fois regretté. Ode sinistre au ménechme qu'on lui avait si brusquement arraché. Ce fratricide n'avait dès lors plus jamais cessé de l'accabler. Sa'chenka... Elle aurait dû attendre: elle aurait pu l'épargner. Mais qu'aurait-il fait d'elle ? Combien l'aurait-il rudoyée encore ? Elle n'avait pas eu le choix. Blesser une femme revenait alors à ouvrir une plaie qui ne s'était jamais vraiment refermée. N'en déplaise à Dieu qu'après tant de matières à réprouver cette existence, l'idée d'une mort à venir soit la seule à même de lui inspirer un soupçon de gracieuseté. Pourtant, malgré l'indigence des regrets, elle survivait... N'était-ce pas d'ailleurs la raison de sa venue ici aujourd'hui ? Survivre ? L'appel du sang, de Son sang... Une légère embellie dans ce ciel trop gris.

Une ombre baigna les iris céruléens tandis qu'elle écoutait la jeune femme, ne s'étonnant pas de la réponse qu'elle lui adressait, probablement inspirée par le besoin impérieux de protéger les siens. Mais il y avait bien autre chose, pour Lui. Cela n'était pas si difficile à saisir. Une saccade, un tremblement dans la voix: il importait bien plus que quiconque. Cherchait-elle donc à le protéger ? Qui était-elle alors celle-ci ? Kelly ? Une épouse ? Une maîtresse ? Une soeur..? Cela poserait bien des problèmes alors... La canite évalua négligemment l'état de ses ongles, en ôtant quelques particules de terre et de sang, reportant bientôt un regard sinistre sur la mortelle, ponctuant simplement d'une voix d'outre-tombe:

- J'espère pour toi que ce n'est pas un mensonge.

Elle voulait jouir pleinement du droit de disposer de Nemrod comme bon lui semblerait, sans jamais désobéir à ses propres lois, lui accordant de penser et d'agir à sa guise. Mais l'entreprise serait si laborieuse en manoeuvre qu'il faudrait user des plus brillants stratagèmes pour espérer l'attendrir...Car l'homme ne lui obéirait pas ainsi. Fallait-il maintenir fermement les déclives animales et embrasser une parfaite équanimité ? Ou s'affairer plutôt à réduire, détruire, comme Il l'avait fait jadis ? Non... Non. Elle avait tout le temps d'oeuvrer à établir une entente avec lui et cette femme pourrait peut-être l'aider à parvenir à ses fins. Les iris attentifs restaient fixés sur le visage délicat d'où émanait encore une résolue menace, ce qui éveilla d'autres volitions chez la revenante. Tant de superbe dans ce caractère... Ferait-elle une illustre vampire... Comment Jaroslav l'aurait-il renversée, celle-ci ? Elle irait à l'assaut, s'il le fallait, elle donnerait probablement sa vie, mais pour qui ? Eux tous..? Ces enfants ? Ceux-là n'avaient aucune chance de s'en sortir. L'homme peut-être... Il était essentiel de mettre la nature de leurs rapports en lumière. Nulle attitude acrimonieuse en l'instant, peut-être un élan trop vif de curiosité difficilement réprimé. Cette humaine fascinait Dárius par l'audace de ses discrétions et la maîtrise insolite de ses ressentiments. Ne trahissait-elle pas les siens en lui accordant le droit de demeurer ici ? Oh, contre sa volonté certainement car son regard en disait long sur ses orientations mais si elle avait vraiment souhaité la chasser, ne l'aurait-elle pas déjà fait ? Il était essentiel de maintenir ce climat pacifiste, l'hématophage ne désirant rien de plus que de se dispenser d'une nuit orientée par la barbarie. Celle-ci accepterait de lui parler.

- Je souhaite simplement discuter.

Un léger hochement de tête accentua cette assertion, l'intruse comprenant bien que la mortelle peinerait à la croire et qu'il faudrait désormais la convaincre de baisser un peu sa garde. Les mouvements furent donc soudain bien plus lents, l'immortelle inclinant la tête de côté, comme pour signifier à l'autre que tout irait bien, glissant sa dextre dans son dos pour se saisir de la hampe du fauchard, s'en délestant en le jetant diligemment à l'humaine qui le saisit prestement au vol. Bonne mécanique guerrière, celle-ci avait au moins de bons réflexes... Nul doute qu'elle devait être bien entraînée. Il le fallait bien pour survivre ici bas... La vampire lui adressa un regard entendu, désignant du menton la porte qu'elle lui intimait maintenant de fermer, attendant patiemment qu'elle obtempère. Après tout...elles avaient tout le temps de discuter, en attendant le retour de son dernier protégé.

- Ton... "compagnon" a cru bon de pénétrer mon repaire... Ce soir, je lui rends pour ainsi dire la pareille... Quand reviendra t-il ?

Un léger rictus accompagna cette annonce, la canite se dérobant aussitôt à ses anciennes rancunes, ayant par chance reçu à la naissance une sensibilité de tact qui lui permit ici de contrer ici le juron que ce souvenir lui inspira, l'intrusion de l'homme dans son repère l'ayant mille fois courroucée. Quelle impudence... Cela faisait aussi tout son charme, quoique l'immortelle sanctionnerait durablement de telles compromissions à l'avenir. Elle se mettait aujourd'hui gravement en danger, pour lui, et si cette situation, exceptionnelle dans ses circonstances cruciales, interrompait toutes ses certitudes dérisoires et laissait un vague sentiment de doute envahir son coeur sans vie, elle n'était pas sans lui procurer un élan d'enthousiasme proche de l'exaltation. Voilà qui était inédit. Elle sentait l'essor d'un désir l'envahir et cela signifiait en apprendre davantage sur cette femme. Belle, si belle ! Elle lui rappelait tant les plus parfaites grâces d'Estonie...quelle plaisante physionomie... Et cette volonté impérissable, cette prudence, cette clairvoyance aussi... Elle ne valait pas la majorité de ses semblables. Elle fronça très légèrement sourcils, paraissant songeuse, ses doigts fuselés frappant à un rythme régulier le support en bois du lit, la non-morte finissant par redresser le menton, interrogeant sans plus attendre dans son fort accent slave:

- Quel est ton nom, emasõdalane ? Tu es différente des autres... Pourquoi je ne t'entends pas crier ??

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   20.07.18 17:26

Se sentant épiée et détaillée, l’aise était toute relative, quasi inexistante à vrai dire, à ce moment précis. La créature semblait avoir une idée bien précise en tête, ce qui accroissait l’angoisse naissante au creux d’Emma. A quoi pensait-elle et quelles étaient ses intentions, ses prochaines actions ? Tout son corps restait tendu, dans l’attente du moindre geste malfaisant, dessein qui pourrait lui coûter trop cher. Elle n’irait nulle part ailleurs, il était inconcevable que la créature puisse déambuler sous ce toit qu’ils avaient voulu protecteur. Ce soir, il semblait négligeable, inutile à leur survie, puisque la menace était entrée dans ces murs, sans difficulté, et sans être repérée. Se pouvait-il que d’autres rappliquent, soient déjà là ? Etait-elle seule ? Trop d’interrogations se formaient dans son esprit, la déconcentrant un court instant. La blonde s’appliquait donc à les chasser, préférant avoir les pensées claires, concentrée sur l’instant et sur ce qu’elle avait sous les yeux. Elle ne répondit rien à la réflexion, qui ressemblait davantage à un avertissement. Tout son être criait à mettre Derek à l’abri et espérer qu’il ne rentrerait pas avant les premières lueurs du lever du jour. L’immortelle serait partie d’ici là, allant se terrer là où elle ne craindrait rien des rayons de l’astre diurne. Ne pouvant savoir exactement où elle se situait dans la nuit, elle se doutait devoir tenir compagnie à l’intruse encore longtemps. Elle espérait se tromper et voir l’autre s’affoler, mais cette dernière devait être suffisamment futée et rusée pour avoir calculer son coup et rester suffisamment longtemps. Ne savait-elle pas Derek absent ? Comptait-elle le surprendre alors qu’il rentrerait ? Dangereuse esquisse d’un stratagème voué au carnage. Quoique s’il la connaissait, peut-être la trouver ici était envisageable à ses yeux ? L’idée la révulsa un instant et elle la chassa aussitôt avant que d’autres questions ne viennent l’assaillir et lui faire perdre la raison dans un moment inopportun.

La créature nocturne émit son souhait de la soirée ; si elle avait eu le cœur aussi brave que des années auparavant, à ne craindre que pour elle-même, sans doute aurait-elle ri à cette suggestion. Depuis quand les vampires souhaitaient-ils discuter avec leur nourriture.. ? Emma la regarda curieusement, se demandant  à quelle étrange immortelle faisait-elle face réellement ? Elle était habillée pauvrement, et ne ressemblait pas à ceux auprès desquels elle avait grandi, au teint éclatant et clair, à la stature travaillée et droite. Non, celle-ci semblait être aussi sauvage que possible et l’humaine redouta davantage l’adversaire. Celle-ci bougea lentement, laissant à la mortelle l’occasion de suivre les mouvements, resserrant la poigne autour de l’arme, prête à répliquer et se défendre si le besoin se faisait sentir. Il n’était pas question de périr sans avoir essayé de survivre. Le geste suivant la surprit mais elle rattrapa le fauchard avec adresse lorsqu’il lui arriva dessus, sans animosité. Que voulait-elle lui prouver ? Sa bonne foi ? Il ne fallait pas oublier que la meilleure arme que possédait cette sangsue se trouvait sur elle : ses crocs. Ainsi ne laissa-t-elle pas sa garde retombée, malgré le fait qu’elle s’en trouva mieux armée. Pinçant ses lèvres, elle finit par se résoudre à céder à la requête, reculant d’un pas, allongeant le bras et fermant discrètement la porte, ne quittant pas du regard l’invitée surprise qui reprit la parole. Ses mots la laissèrent un instant pantoise, accusant la vérité cachée. Cela pouvait se voir dans son expression, elle ne comprenait pas ; Derek ne lui avait pas confié avoir été dans l’antre d’une immortelle. L’idée lui aurait déplu, c’était certain, mais pourquoi vouloir garder cela secret ? Et quand ? Il avait repris ses échappées depuis sa mésaventure datant de deux mois, était-ce récent ? « Savait-il que tu risquais de venir ici ? » questionna-t-elle d’abord, une colère sourde naissant au creux de ses entrailles. Elle souffla longuement, baissant sa garde et son regard, alors que les pensées s’entremêlaient. « Je l’ignore, encore une fois. Sur le matin, peut-être. » finit-elle par lâcher en se remettant à dévisager l’autre, sa main faisant lentement tourner le manche du fauchard.

Emma se sentait démunie et débordante d’interrogations au sujet de cette rencontre. De celle-ci et de celle de Derek et l’immortelle. Elle s’apprêtait à poser ses questions qui lui brûlaient les lèvres lorsque la brune la devança. Les siennes étaient différentes d’alors, tournées maintenant vers sa personne. La curiosité avait percé, et la jeune femme se rendit à l’évidence : elle était coincée ici, en compagnie de cette redoutable créature ; si elle gardait son calme depuis le début, c’était simplement pour protéger les siens, surtout les petits. Elle continuerait donc, répondant aux souhaits évoqués. Emasodalane… « Comment m’as-tu appelée..? » demanda-t-elle d’abord, fronçant les sourcils devant ce nom inconnu, aux accents étrangers. D’où venait cette immortelle, d’ailleurs ? L’humaine savait qu’ils avaient le temps et la chance de voyager suffisamment pour venir de très loin. Elle poursuivit ensuite : « Emma. Toi ? » répliqua-t-elle aussitôt. Elle ne savait pas quoi répondre à sa dernière question, la laissant pensive, alors qu’elle jetait un œil à l’arme qu’elle avait en main ; elle n’était pas particulièrement douée avec ce type d’équipement, manquant de s’entraîner avec, mais ça, l’autre pouvait très bien l’ignorer. « Je connais bien ceux de ton espèce… » commença-t-elle en reportant son attention sur celle qui avait gardé sa place sur le lit. Les souvenirs étaient toujours présents, les vampires l’avaient à la fois éduquée à leur manière, tué ceux qu’elle aimait, abusé d’elle pour les plus vicieux, la soumettant à leur bon vouloir. Tout cela avait conduit à animer une haine féroce à leur encontre. Celle-ci ne dérogerait pas à la règle, mais la situation ne prêtait pas à un déversement d’animosité. « Pourquoi devrais-je crier ? Pour ameuter les autres ici, te créer un festin ? Tu sembles t’intéresser davantage à mon compagnon qu’à moi. Tu l’as dit plus tôt, que si tu le souhaitais, je serais déjà morte. Si tel était ton but, tu ne perdrais pas ton temps à me poser des questions. » Elle avait utilisé le même mot qu’elle pour désigner Derek, et cela ramena à son esprit une ou deux pensées malheureuses. Une bûche craqua dans le feu, attirant vivement les iris clairs, avant de ne pas oublier de surveiller l’immortelle du coin de l’œil, mais se satisfaisant du spectacle qu’offraient les flammes dans l’âtre de la cheminée. « Quand l’as-tu rencontré ? » demanda-t-elle finalement, laissant entrapercevoir son ignorance sur cette entrevue.
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MessageSujet: Re: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   01.08.18 21:52

Parlait-elle à son esprit, dans sa rage de vivre, sans formes, sans signes... Il fallait simplement laisser s'écouler l'essence fébrile... Celle qui frémit du courroux à venir mais que la tendresse pourtant réprime. Daria avait déjà compris. Était-elle belle, dans sa probe contenance, animée par le désir de la chasser d'ici, contenue par la nécessité de maintenir ses protégés en vie. Quelle souffrance devait-elle vivre, à la côtoyer ainsi ! Du haut de ses maigres remparts, c'était elle qui se déployait dans l'effort méritoire, déjà asservie dans les forces qu'elle lui opposait mais indomptable dans les croyances qui l'animaient: condamnée, dans les deux cas, à une insoutenable catalepsie. Qu'importait donc qu'elle ne bouge pas ? La fière guerrière n'abdiquerait jamais. Avait-elle cédé un jour à ses semblables, pour les condamner ainsi aujourd'hui ? Quel lien brisé, quelle vie emportée ? Il ne fallait pas observer longtemps pour voir ce que les yeux repoussaient dans les entrailles. Qui avait-elle aimé ? Qui lui avait-on arraché ? Cette âme était abîmée de regrets.  

Daria l'écouta parler sans sourciller, accueillant chaque question avec une parfaite équanimité, trop occupée à l'ablution de ses ergots acérés. Elle ne bougea que pour porter une oeillade lointaine en direction du plafond, écoutant distraitement les bruits que véhiculait la nuit. Pourquoi ce chant lui revint-il brusquement en mémoire ? Pourquoi ce corpuscule d'humanité s'en revenait ébranler son coeur desséché ? L'agonie n'était donc pas encore amoindrie ? " Mère guerrière... T'es-tu abîmée dans l'antre de mes secrets ? " Les iris se fixèrent instantanément en direction de la croisée. Elle recueillait déjà quelques souvenirs vagues, savamment dissimulés sous des manteaux de regrets. Loin au coeur de l'Estonie. Sa mère chantant, sa soeur dansant et elle, écoutant. Se dessinait dans la mémoire les sommets voilés, les masures délabrées. Ce jour là, toutes trois étaient venues offrir à leurs semblables les prières dont ils manquaient. Dans cette vie d'ailleurs façonnée de labeurs, l'interminable fardeau ne s'assouplissait que dans l'obsécration. Alors dans les champs à peine fanés, les paysans s'en venaient chanter. Alors, sur la terre déchirée, ils venaient de mille voix émues, ânonner ces épreuves que leur Dieu commandait. Étrange psalmodie qu'elle se mit à réciter avec âcreté. Absurde ! Elle n'avait jamais eu foi en ce "Puissant". La plainte s'éteignit vite dans le firmament du soir. Échappée à ses propres entraves, l'immortelle délia lestement ses membres, se redressant pour mieux faire face à son interlocutrice. Que voulait-elle savoir, la belle ? Si Nemrod savait qu'elle allait venir ici ? L'interrogation plongea à nouveau la buveuse de sang dans le présent, les iris sombres détaillant longuement la majestueuse créature étincelant d'écume. Était-elle en colère à l'idée que son compagnon ait pu quêter sa venue...? Il apparaissait qu'elle était bien plus proche de lui qu'elle ne l'avait supposé. C'est donc tout en lui adressant un sourire qu'elle répondit:

- J'en doute...

Lui avait-on déjà dit qu'il était préférable qu'elle s'abstienne de sourire..? Allons, cette grimace allait-elle souiller ses charmes ? L'hématophage recula d'un pas, bifurquant soudain pour reporter son regard sur le meuble encombré, n'éprouvant aucune gêne à s'en retourner consulter quelques documents froissés." Tu exagères, Dárius... " La figure d'ivoire délaissa vite son affaire, bien plus intriguée par les gracieux traits dont l'autre était habillée. Les iris perdus dans les orbes impétueux de cette fille d'Eve, la demande que formula brusquement celle-ci l'arracha aussitôt à son observation. La question sembla embarrasser l'immortelle, qui, plongeant promptement sa gêne sous son linceul d'impassibilité, n'en laissa rien paraître.

- ...Dárius.

« Je connais bien ceux de ton espèce… » Les propos tirèrent aussitôt un rictus irrité à la non-morte qui contesta ainsi cette certitude stupide. Mais Daria n'était pas là pour lui verser l'infâme sermon déjà cent fois servi par ses pairs, trop soumise déjà à cette immonde suprématie dont elle voulait à tout prix se départir. Plus stupide encore serait-celui qui dédaignerait l'expérience faite d'un passé qui ne lui appartenait pas. Elle n'avait en aucun cas le droit de la juger.

- Vraiment...? Quel âge as-tu, dis-moi ? Tu respires la jeunesse sous ta vigueur et tes beaux traits mais ton coeur est déjà si affaissé sous son propre poids... Prêt...déjà prêt à passer de l'autre côté...

Le regard acéré épousa plus résolument la flamme qui cerna soudain l'oeil de son interlocutrice. Toutes deux, désormais en équilibre au bord du précipice. Était-il bien prudent de s'en aller écumer des fonds si accidentés ? Ne risquait-elle pas de blesser plus pernicieusement encore l'âme exaltée, en s'engouffrant ainsi dans cet interstice ? Elle n'était pas venue ici pour faire le moindre mal à qui que ce soit. Demi-vérité. Elle avait encore en tête son petit protégé. Même s'il n'était guère prudent de venir errer sur de tels décombres, elle ne redoutait pas un instant de s'y blesser. Elle avait déjà trop creusé la cannelure pour rebrousser chemin sans tenter excaver maintenant les plus douloureux secrets. Car c'était sa curiosité qui l'emporterait encore cette nuit. Elle désirait ardemment savoir qui était cette femme qui lui faisait l'affront de la défier.

- Tu m'apparais bien plus intéressante que ton congénère...

Elle dévia soudainement sa trajectoire, sans qu'elle ne puisse anticiper une telle avancée, faisant fi de l'arme qu'elle tenait encore fermement dans sa main et qui vint aussitôt trouver son appui sur son écorce de marbre. Le coeur... Elle savait donc à quel endroit il fallait ôter les restes de couleurs... Téméraire avec ça...  Qu'attendait-elle alors - puisque l'occasion lui était enfin donnée - pour frapper ? Peut-être avait-elle déjà compris que cette vampire n'était guère venue ici pour lui nuire ? Le rebord semblait déjà s'échapper sous leurs pieds. C'est ensemble qu'elles tomberaient de cet immense banc de rochers. Le face-à-face dura, sans qu'aucune ne rompe cette étrange léthargie. Écueil soudain, qui chassa résolument les vagues déchaînées au point de transpercer la nuit. Surprenante embellie. Les yeux cette fois firent tomber le voile implacable, offrant à la vision humaine les résidus d'une bonté trop durement accablée. Elle ne pouvait être cela, elle n'en avait pas le droit. Pourtant, la fille arrachait les racines, la dépouillait de sa plus vive bestialité. Prolongeant l'étude, Daria ne bougea même pas quand l'autre, sans doute tout aussi déconcertée qu'elle, entreprit l'amorce d'une première incursion, souhaitant probablement simplement la faire reculer.

Elle ne recula pas.

La figure obliqua, la lame affûtée incisant déjà l'appendice du sternum, la blessure ne semblant pas beaucoup la contrarier: si elle avait vraiment souhaité la tuer, elle l'aurait déjà fait. Debout sur les pics qui dominaient l'abîme elle soutiendrait encore celle qui ferait mine de l'y précipiter. La voix basse convergea jusqu'à son oreille, secouant le coeur d'un frisson glacé, déposant sur l'âme un torrent enfiévré. Entre le jour et la nuit, nulle lisière. Chair à chair, coeur à coeur, l'un sur l'autre appuyés.

- Dis-moi donc quel fardeau t'accable, emasõdalane, pour que la survie des tiens importe plus que ta propre vie ? Parle, et je m'en irai...

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   13.08.18 22:05

Oppressée face à la présence de l’adversaire, elle n’avait d’autre choix que l’accepter. C’était capituler un peu, pour garder en vie les siens. Seule face à l’immortelle, Emma était prête à sacrifier plus qu’elle ne pouvait l’imaginer à cet instant. Si les petits gardaient la vie sauve, elle aurait accompli son devoir ; voilà ce que son esprit répétait inlassablement. La sauvegarde des louveteaux. Peu importe son sort, elle avait déjà connu des épreuves auxquelles certains se seraient abandonnés. Mais la situation actuelle n’avait pas même été imaginée jusqu’alors, mobilisant totalement son sang froid et sa raison. L’image de Derek la hantait. Qu’avait-il à voir avec cette créature ? Elle exigerait des explications ; elle sentait déjà sa colère qui se déverserait, se sentant trahie d’avoir été mise à l’écart de ce type d’informations. La réponse la rassura presque un instant et semblait faire sens tout à coup. Probablement ne lui aurait-il pas caché l’existence de celle-ci s’il imaginait la voir débarquer dans leur refuge. Pour quelles sombres raisons voulait-elle s’entretenir avec lui ? Que pouvait bien attirer un vampire jusqu’ici ? Échangeaient-ils des informations quelconques, puisqu’elle l’avait trouvée, le nez plongé dans un ouvrage ? Elle ne savait plus, la brume englobait ses pensées. Seuls les crocs qui étaient apparus dans un rictus lui avaient rappelé le danger qui se trouvait en face d’elle, dissipant doucement le brouillard qui avait pris place dans son esprit. L’immortelle semblait lui accorder une ignorance à peine masquée, se détournant d’elle et préférant poser des questions plutôt qu’y répondre. Ainsi menait-elle la danse de la nuit, rappelant à l’humaine que celle-ci lui était soumise. Emma avait tant permis à ces créatures par le passé, que l’idée d’être vulnérable encore une fois, sans maître à qui obéir, la révulsait tout entière. Et lorsque les iris se posaient sur elle, elle ne savait plus quoi penser : incapable de déchiffrer les envies du vampire, les raisons qui la poussaient à vouloir communiquer avec elle. Pourquoi ne pas la tenir en retrait, lui interdire de parler jusqu’à ce que Derek n’apparaisse ? Elle pouvait deviner aisément que la blonde abdiquerait, tant que les siens ne seraient pas touchés. N’était-ce pas l’exact comportement qu’elle avait adopté, concédant à la créature ce qu’elle voulait savoir, comprenant où se situaient les points forts et les points faibles entre elles deux ? Autant dire qu’elle n’était pas dans une position assez confortable pour négocier quoi que ce soit.

Le prénom lui sembla si étrange, et étranger, ses sourcils se froncèrent d'autant plus. Que leur apportait de connaître leurs identités ? Une forme d’apprentissage de l’autre, un consentement à s’apprivoiser le temps d’une nuit ? Le temps de la survie, pour Emma. Les propos qui suivirent lui glacèrent le sang ; elle sentait la menace poindre derrière les mots, et une vérité crue à son sujet. Sans quitter du regard l’intruse, elle prit une inspiration plus longue que les autres, comme pour calmer la pointe de terreur qui naissait dans son être. Si elle tombait, rien n’empêcherait la sangsue de s’en prendre aux autres. L’idée lui paraissait inenvisageable. « J’ai connu différentes vies dans celle-ci, qu’importe mon âge. Et qu'importe ce coeur, je vis. » Trois décennies, sûrement un claquement de doigts pour celle qui se tenait en face d’elle, pleine de curiosité à son égard. Emma partageait sa vie entre l’avant et maintenant. Prisonnière puis libre : simplement deux étapes dans sa vie. Elle ne voulut pas s’étendre sur ce que lui avait dit l’immortelle, qui était-elle pour prétendre la connaître ? Elle ne savait rien de sa vie, ni par quoi elle était passée, ni ce qu’elle avait vu, connu.

Ses yeux s’agrandirent sous la surprise. La constatation dont elle lui fit part la prit de court, l’interloquant : que trouvait-elle à Derek au départ, qui ne lui suffisait plus à présent qu’elle l’avait en face d’elle ? Mais le plus sidérant fut l’approche. Emma para l’intrusion près d’elle, relevant son bras armé, la lame tournée vers l’immortelle, à hauteur désirée. Cependant, cela n’empêcha pas l’approche, et coupa le souffle de l’humaine qui se retrouva collée à l’autre, sentant le froid qui se dégageait du corps dans lequel aucun cœur ne battait. Que lui voulait-elle à la fin ? Comme pour trouver une réponse, les yeux azur se laissaient emporter dans une contemplation involontaire. Elle se perdit un peu plus en constatant que le vide qu’elle percevait chez les autres, le manque d’émotions, de réaction, n’était pas présent dans ce regard. L’autre se voulait inquisitrice, et sans s’en rendre compte, toutes deux menaient une fouille similaire, mais pas pour les mêmes raisons. Emma et ses convictions étaient ébranlées, un instant. Elle voulut s’en dépêtrer ; elle ne voulait pas en savoir davantage, elle ne voulait rien à voir du tout avec l’immortelle. Sentir son cœur battre contre un cœur mort, percevoir la chaleur de son corps qui faisait barrière au froid pénétrant de la créature; c'était déjà trop. Alors son corps bougea un peu, appuyant son poids contre et lorsqu’elle sentit à travers le manche, la sensation de lacérer la chair, à travers les vêtements, elle s’arrêta, sans savoir pourquoi. Ou peut-être que si. Peut-être que l’absence de réaction la choqua plus que son geste. Darius ne bougeait pas, alors que la lame était plantée sur son cœur, prête à le traverser si la femme voulait se débarrasser d’elle. L’occasion était parfaite, à saisir et pourtant elle en était incapable, les prunelles posées sur ce regard abîmé. Les mots lui parvinrent dans un mur, et elle sentit son cœur se serrer. Une étrangère, qu’elle haïssait de par sa nature, arrivait à poser des questions si personnelles, sans le moindre filtre, et à atteindre la corde la plus fragile. Emma se refusait à lui répondre, mais l’espoir de la voir quitter leur refuge, et de laisser en paix ceux qui s’y trouvaient la poussait à lui parler. Elle n’avait même pas l’idée de lui mentir, la proximité l’en empêchait. « Ils… » Elle s’arrêta tout net en entendant la poignée grincer. La panique l’envahit tout entière, alors qu’elle se tournait vers la porte, et s’en approchait. Une petite voix l’appela par son prénom, alors que dans ses mains se trouvaient les armes. Et derrière elle, le plus terrible des prédateurs. En proie au vampire, elle lâcha le fauchard au sol, gardant le poignard dans sa main et étreignant l’enfant, d’à peine trois ans, contre ses jambes, s’arrangeant pour l’empêcher de regarder dans la direction de l’immortelle. « J’ai froid, j’ai eu peur… » D’un geste tendre, elle passa une main sur son front, brûlant, puis la glissa dans ses cheveux, sans lâcher du regard l’intruse. Transpercée par la terreur qu’elle puisse s’en prendre à lui, elle secouait la tête dans sa direction, la suppliant du regard de ne rien lui faire. Alors, la gorge nouée, elle murmura entre les craquements du bois qui flambait : « Ce sont ceux que j’ai réussi à sauver. » Son frère, son bébé, elle les a enterrés, ravagée par le chagrin, et le sentiment d’avoir été incapable d’en prendre suffisamment soin. « Ils sont ma famille. » Sa famille, composée d’enfants qui ne l’auront jamais appelée que par son prénom, d’hommes et de femmes à qui elle s’est attachée d’une drôle de façon. Alors serrant l’enfant dans ses bras, elle attend un mouvement de l’autre, qui lui indiquerait qu’elle s’en irait. « Je dois prendre soin de lui. Tu ne peux pas rester. »
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Daria Vasily
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MessageSujet: Re: Né occhi in lettere, né mani in tasca, né orecchi in segreti d'altri. - Emma Davis   11.09.18 12:59

Toutes deux rendues à la proie de l'Océan, emportées par la conque sonore des flots déchaînés. Les coeurs irradient sous les grands ombrages, grossissent encore l'abîme de leurs larmes. Les âmes peinent encore à s'arracher à l'enveloppe rétive du passé. Avant que quelque secours ne leur soit accordé, il leur faudrait encore lutter. Quelles libations pour que cessent enfin ces clameurs funestes ?  Quelles sections du coeur viendrait-on réséquer ? De quelles artérioles faudrait-il maintenant les priver ? Leur centre était déjà si informe... Glèbe négligée, parasitée par la peine... Terres détrempées, sans soleil, sans air, sans rêves. Trop de parties ébranlées dont elles ne daigneraient jamais faire le récit, car l'éclat d'autres feux animait aujourd'hui leur ouvrage. Toutes deux brandissaient le même étendard mais comment savoir ? Disperser les ombres, éclairer le monde, ne plus regarder couler le sang des enfants, abattre les géants. Bientôt, il ne subsisterait plus rien des fureurs de la mer, bientôt, les grands rois déposeraient leurs tridents. Car c'est la Terre Nourricière qui environne l'Océan. Pourtant, Dárius avait bel et bien prêté allégeance aux géants. Sous la tourmente elle avait autrefois hurlé son appartenance à ce clan, avait baisé en tremblant la pierre glacée, sa propre hypogée. Toutes deux alors n'appartiendraient jamais au même camp car l'immortelle était déjà couchée sur le flanc. Pour l'humaine, les choses étaient bien différentes alors, pour elle, il était encore possible d'atteindre les rivages attiédis, d'abandonner les fonds glacés, de puiser l'essence de la vie. Emma n'embrasserait jamais ces démons de nuit. Il fallait anéantir ce genre, anéantir les messagers du serpent. L'anéantir alors, elle aussi.

La jeune femme n'est pas effrayée, elle finira par frapper, l'autre attend qu'elle choisisse un châtiment. Elle avance, épouse un peu plus la courbe acérée de la tranche d'acier, le sang épais submerge déjà le derme immaculé. L'expression placide qu'arbore la vampire fait céder les derniers remparts, de sa haute tour, l'humaine est déjà tombée. Enlacées dans leur propre repli, les filles d'Eve s'appréhendent, parlent la même langue, épousent le même versant. " Tu ne le feras pas. " La figure d'ivoire n'accuse aucune menace. Personne ne lui a jamais observé ces traits. Elle lui offre le reflet d'une humanité oubliée, lui ouvre en grand les débris de sa maigre carcasse. Elle ne craint pas la Camarde, son âme est à nue, offerte à sa seule volonté. Où est passée l'onde vengeresse ? L'inaction lui crie un langage de paix. Leurs yeux ne se sont plus quittés, toutes deux ont déjà capitulé.

Absentes de leur propre réalité, les anciens griefs s'éteignent au souvenir de leur homologie. C'est le bruit de la clanche qui restaure leur univers. Brusquement, la blonde rive sur elle un regard pétri d'alarme: le premier. L'esprit saigne, transpercé de tous côtés, elle comprend rapidement la cause de cette confusion. Dans l'attitude de la prière, l'humaine lui conjure de ne pas toucher au chérubin qui vient d'entrer, elle ne veut pas que les prunelles d'une damnée se posent sur cette chair pleine d'ingénuité. " Ne le cache pas à mon regard, emasõdalane, il sait ce que je suis. "  Craint-elle donc qu'elle ne souhaite s'abreuver de son nectar divin ? Pourquoi l'implorer ainsi ? N'avait-elle pas suffisamment semé les graines de la paix ? Lentement, l'immortelle s'est mise à reculer. La chair transpercée fait entendre un son sinistre avant que les tissus n'entreprennent déjà de se refermer. Il ne suffirait que de quelques heures. Les iris scrutent toujours intensément la blonde, les flammes de la suspicion sont revenues altérer les orbes captivants, Dárius, étonnamment, s'en trouve désagréablement affectée. Par chance, l'esprit s'oppose vigoureusement à laisser la nature parler, à souffler à nouveau les braises de conflits passés. La figure s'efface en direction du lit, sans un regard pour l'enfant blotti dans les jambes de sa génitrice. La demande est sans appel, la voix d'outre-tombe s'enquérit:

- Ton petit ?

Elle s'est confortablement installée sur la couche miteuse, scrutant maintenant la face angélique qui darde sur elle un regard plaintif et étrangement fataliste. Dárius observe longtemps le garçonnet. C'est lui, à présent, l'interprète de leur destinée. La vampire ne bouge pas, considère à nouveau la mère. Il n'est plus temps pour elle de nier, elle comprend aussi rapidement le rôle qu'il va devoir jouer. D'un mouvement de l'index, la non-morte lui fait signe d'approcher. Ce simple geste arrache aussitôt l'enfant au sein de la figure maternelle: le chérubin obéit sans sourciller. Il titube, essaye d'avancer jusqu'à elle, il ne craint pas ce qu'elle est mais l'effet confirme la menace: c'est l'humaine qui l'empêche de s'aventurer plus avant, elle appose deux mains fermes sur les frêles épaules pour le faire reculer. " Il s'est déjà abandonné à moi... Il sait que je peux le sauver. " Les maux qui épuisent le corps auront tôt fait de le tuer, l'immortelle peut le sentir dans son sang.

- Le mal dont il souffre est pernicieux...il t'abuse. Il ne guérira pas. Le point du jour te donne l'illusion de l'embellie mais son état empire. Si son sang est infecté, tes Dieux descendront bientôt du haut de l'éther pour l'emmener et je ne pourrais rien faire pour les en empêcher... De quand date la blessure à son pied ?

Devant l'expression soudainement affolée de l'humaine, l'immortelle incline à peine la tête de côté. Le fantôme qu'elle aperçoit lui rappelle étrangement le sien, elle contemple tout ce qui la rend si admirable: sa bonté, la flamme impérissable de son amour pour autrui. " Non, "Emma", ce n'est pas auprès de moi que tu te brûleras. " Elle demeure parfaitement immobile, n'esquissant pas un geste pour bouger, peut-être pour la rassurer. Elle lui laisse le choix. Ce qu'elle voit au milieu des eaux transpire la mort, la jeune femme le voit elle aussi. Lentement, dans l'esprit humain, s'insinue l'image de l'angelot échu. Cette vision allume tous les feux, incendie la nuit. L'hématophage n'attend pas plus longtemps pour amputer ses anxiétés:

- Il est un peu tôt, Louve, pour le laisser déjà s'imprégner des germes du ciel...tu n'y es pas préparée. Tu peux tout subir, mère guerrière, mais sûrement pas la perte d'un de tes petits.

Non, elle ne livrerait pas cette âme au trépas, à moins que l'humaine lui interdise séance tenante de toucher l'enfant. Elle devait servir son propre intérêt, tout comme elle, mettre toutes les chances de son côté. Si les destins n'avaient pas parlé, elles ne se seraient jamais rencontrées. Ce soir, cette concomitance donnerait corps à de nouvelles rhapsodies. Fallait-il mettre sur l'échiquier le supplice d'un ange ? À l'évidence, oui. Vaincre par le fiel. Elle n'avait ni à s'en dissimuler, ni à en rougir, c'est l'existence même qui lui avait appris à agir ainsi, à se faire arme des faiblesses d'autrui. Il était hors de question d'en faire objet d'étonnement et si la blonde s'en offusquait, alors elle n'était guère prédestinée à survivre. Mais cette beauté était d'eau dure, vouée aux plus grands sacrifices. Ce n'était pas la passion du butin qui motivait la canite mais l'analyse de cette âme tourmentée, secouée, ballottée par des vents contraires qui lui interdisaient à la fois le sacrilège d'une union avec ces forces adverses mais aussi d'abandonner le petit à une mort certaine. Qui donc hormis elle allait bien pouvoir l'aider ? Personne, pas l'ombre d'un vivant...à moins de gagner directement NA et de traiter avec la caste opposée... Alors... Quelle main devrait-elle sectionner ? Sur quel versant devrait-elle se laisser tomber ? Quelles odieuses vérités lui faudrait-il aujourd'hui réprouver ? Quelles convictions à rabattre d'un vif revers de main ?

Les lèvres cireuses se sont remises à fredonner chansonnette. La langue étrangère interpelle le garçon qui bouge à nouveau entre les jambes de l'humaine. Il voudrait approcher. Deux iris étincelants accueillent son aplomb, la strigoï ne le quitte plus des yeux, semble communiquer avec lui. La voix qui s'élève s'adresse pourtant à l'adulte.

- En lui prodiguant mes soins, sa souffrance n'aura point d'autres suites. Les tiens ne pourront rien pour lui. Accepte ce gage de paix: sitôt mon ouvrage fait, je partirai. Dans trois nuits, je m'en viendrai quérir mon dû car rien n'est gratuit. Je te crois suffisamment sagace pour pressentir qu'il ne s'agira pas d'une vie. Il va falloir que tu me fasses confiance "Emma"...ou il mourra.

Elle fredonne toujours à voix basse l'air de cette triste comptine. Comment s'y serait-elle prise, elle ? Se serait-elle si aisément déchargée d'un tel fardeau ? Non... Qu'avait-elle fait jadis, pour la chair de sa chair ? Pour son propre sang ? Rien qui n'eût été suffisant. Mais cette nuit, l'humaine lui montrerait combien de forces animaient encore son coeur ravagé. Cette nuit, elle n'userait ni du fer ni de la flamme pour l'emporter. Les yeux de la créature se sont à nouveau fixés sur la croisée. Elle n'inflige pas de cruels tourments par plaisir mais pour que résonne à nouveau l'assurance dans l'organe défiguré. " Chasse de ton coeur toutes tes craintes, tu es suffisamment vaillante pour survivre seule dans ce monde en ruines. "

- Où est donc Nemrod...quand tu as le plus besoin de lui ??


Meri mul musta, joida, joogikappa, joida,
hai-lii-loo, joogikappa, jo
Taevas mul laia, joida, söögilauda, joida,
hai-lii-loo, söögilauda, jo
Oh mina vaene, joida, orjalapsi, joida,
hai-lii-loo, orjalapsi, jo.
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